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Enquête discutable, Le Monde, le vélo, l’obésité etc…

Le Monde

Petit retour sur un papier du quotidien, Le Monde, qui m’a fait sourire. La papier a été le 19 novembre sous le titre « Face à l’obésité, il est urgent de passer aux actes ».
Pour rendre à César ce qui lui appartient, il avait été signalé par Isabelle.

Ce papier a été publié sur le site du Monde avec le chapeau « Enquête » (qui apparemment ne figurait pas dans l’édition papier, et malheureusement actuellement cet article n’est plus accessible qu’aux abonnés).
Lire le papier sur le site du Monde

Le papier ne traite pas du vélo en particulier, mais de l’obésité, le vélo étant cité comme une des solutions pressenties.
Le paragraphe sur le vélo qui m’a fait sourire est le suivant :

«Pour Anne de Danne, « il n’est pas question de remettre en cause le PNNS 2, ni de contredire le PNNS 3 mais de l’entraîner ». En attendant, des mesures simples peuvent aussi êtres mises en place. A commencer par des incitations financières ou fiscales pour favoriser les déplacements à pied ou à vélo. »

Mme de Danne est « chargée par Nicolas Sarkozy de remettre, le 15 décembre, un rapport sur la prévention de l’obésité »

Si, comme l’annonce le site, il y avait eu enquête on aurait pu questionner la mise en œuvre de la récurrente approche fiscale appliquée au vélo.
En fait la règle exacte en ce moment est : un fait divers : une loi, un problème de société : une taxe.
S’il y a quelque chose dont le vélo n’a pas besoin c’est d’une incitation financière (petit rappel à l’attention de l’auteur, un vélo ça peut couter moins cher qu’un an d’assurance auto)

En revanche, une enquête aurait pu conduire à se demander comment mettre en place une culture vélo dans une civilisation entièrement construite autour de l’auto. A paris, il est plus facile de garer une voiture qu’un vélo, aucune entreprise ne dispose de douche, les pistes cyclables (nombreuses à paris, merci le Velib) servent alternativement de quai de déchargement ou de parking etc etc etc..
Pour avoir une idée du quotidien d’un cycliste à Paris, voici un excellent petit film :

Il est certes exagéré puisqu’il présente en quelques minutes, un an de vécu, ; il n’empêche, je vis ça de temps à autre comme des milliers de cyclistes parisiens.
Dans le même temps des associations sont obligées d’appeler à la vigilance publique pour que soi tout simplement respectée la loi sur les « zones 30 » qui permet de faire rouler des vélos en dehors de la circulation automobile (la revendication ne porte pas sur un vote ou une proposition de loi, mais bel et bien sur l’application de la loi ) : http://mdb-idf.org/spip/spip.php?article538

Bref, la recopie de communiqués étant faite, il faudrait maintenant que Le Monde passe à l’enquête, la vraie.

L’autre truc amusant c’est l’idée sous-jacente : le sport (et donc en l’espèce le vélo) fait maigrir. C’est une légende pas récente mais qui est tout ce qu’il y a d’inexact (si le sport faisait maigrir, je serai filiforme, ce qui, comment dire.. n’est pas exactement le cas). La relation poids/exercice est simple, si on consomme plus d’énergie qu’on en absorbe, on maigri, dans le cas contraire on grossi. Si donc on fait du sport (c’est mon cas) mais qu’on mange comme un goret n’importe quoi n’importe quand (c’est aussi mon cas) on est gros (c’est toujours mon cas).
« Vendre » le vélo comme un moyen de maigrir est une escroquerie intellectuelle qui ne peut conduire qu’à des déceptions et fait passer à côté du principal : le vélo est un moyen de transport urbain extrêmement jouissif. Si ça peut aider à faire pencher cette fichue balance poids/exercice du bon côté, tant mieux, mais c’est accessoire.
Pour contre balancer ça, il n’est est pas moins vrai que apparemment il y a une corrélation directe entre l’usage du vélo et la propension à l’obésité. Deux graphiques différents le montrent.
Le premier est publié par « Vélo et Potager » un weblog traitant de « Urbanisme, aménagements et activité physique »
http://veloetpotager.20minutes-blogs.fr/archive/2009/08/27/obesite-et-velo.html
On peut accorder à ce document la fiabilité habituelle des documents sans aucune mention de source, mais les résultats semblent tellement évidents qu’il doit bien y avoir un brin de vrai.
L’autre document est sourcé ..mais quasi illisible :
http://www.good.is/post/transparency-the-effects-of-bike-commuting-on-obesity/

Dans les deux cas, la corrélation présentée comme évidente entre transport à vélo et taux d’obésité me paraît un rien simpliste. Pour citer un exemple que je connais un peu, les japonais se déplacent beaucoup en vélo et sont très minces (euphémisme). Mais par ailleurs, vu la structure de leur alimentation (pas de sucre, pas de gras, et un maximum de protéines) il probable que s’ils passaient leur temps en voiture ils seraient aussi minces.

Publié dans Commuters, Vélo.

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3 Responses

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  1. verane78 dit

    je n’ai pas tout pigé, mais je doute aussi de la corrélation entre l’usage du vélo et la propension à l’obésité…
    c’est vrai aussi que le sport ne fait pas maigrir sans doute, mais moi qui me suis mise un peu au vélo depuis quelques temps, ça me fait un bien fou (même si j’ai mal aux fesses et que je suis souvent épuisée!)
    Je n’ai pas fait de sport depuis si longtemps.
    Le vélo est un moyen pas trop difficile de se remettre à bouger un peu son corps tout en faisant des balades agréables à condition d’être dans un environnement assez plat pour redémarrer en douceur… Et tout en faisant un peu attention à mon alimentation, ça m’aide je pense à ne pas grossir plus et me stabiliser. Alors cette histoire d’obésité parait effectivement discutable. En revanche moi le truc qui me fait vraiment peur, ce sont les voitures… Pour l’instant je n’imagine pas du tout en faire à Paris. Le truc super positif, faire du vélo m’a sensiblement fait changer de comportement au volant et je pense être beaucoup plus attentive aux cyclistes.

  2. Franck Mée dit

    Y’a quand même quelque chose entre le sport et le diamètre. Pour prendre un cas que je connais bien (le mien), depuis que je suis à Paris, c’est piscine deux à quatre fois par semaine (en séances de 20 min, je me lasse assez vite) et Vélib’ de temps à autres. Ben croyez-le ou non, j’ai perdu du bide. (Mon IMC par contre n’a pas dû bouger des masses, vu que j’ai aussi fabriqué du muscle par endroits.)

    Certes, quand on fait du sport, on a naturellement tendance à manger plus (ce qui est très dangereux quand on arrête le sport, d’ailleurs : l’estomac met quelques jours à quelques semaines à reprendre un rythme larvaire). Mais proportionnellement, on mange moins que quand on ne fait pas de sport, en tout cas, chez moi, ça marche comme ça. Je suppose qu’historiquement, on était programmés pour une certaine quantité de nourriture qui correspondait peu ou prou aux nécessités de la vie de prédateur ; si on dépense moins, on a quand même tendance à rester relativement proche de ce régime et donc à prendre du bide, et si on dépense plus, on se retient de morphaler et on en perd.
    Ce qui, du reste, a du sens d’un point de vue évolutionniste : lorsqu’on dépense moins, c’est que la nourriture est facile à trouver, on est en été et il faut faire des réserves pour l’hiver ; si on dépense plus, c’est qu’elle est dure à trouver, et il faut au contraire s’alléger pour courir vite et attraper le peu qu’il y a à becqueter. Je pense que notre programmation génétique n’avait pas vraiment anticipé l’invention du supermarché et du travail de bureau.

    L’autre aspect, c’est que même si ça fait pas maigrir, faire du vélo est bon pour la santé : ça renforce le cœur et le système circulatoire (là, je t’apprends rien, je sais). Si on prend deux types avec un IMC de 30, l’un qui ne bouge jamais et l’autre qui passe ses soirées dans l’eau, le premier a nettement plus de chances de faire une crise cardiaque que le second, parce que son cœur va mieux résister aux problèmes liés au surpoids.

    Bien entendu, à Paris, faire du vélo est beaucoup moins bon pour la santé, vu que les caisseux ont déclaré la guerre à tout ce qui vit en ville. La seule solution est de faire les pistes cyclables en site protégé entre deux trottoirs, et surtout que les forces de l’ordre appliquent la loi : stationner sur une piste cyclable, c’est comme stationner sur une route, c’est interdit (pour prendre un exemple soft…).

  3. Luc dit

    Bonjour,

    Loin de moi l’idée de contester la fait que le vélo (l’exercice en général) soit bon pour la santé. Simplement, je trouve l’équation : trop d’obésité = il faut faciliter la fiscalité sur le vélo .. comment dire.. curieuse.

    Si on veut faciliter le vélo il y a vraiment beaucoup de truc à faire avant que la question fiscale ne soit pertinente
    Si on veut diminuer l’obésité il y a vraiment beaucoup de chose à faire en parallèle de la promotion de l’exercice physique.

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