Il y a deux jours, une amie qui sévit sous le pseudonyme Twitter de aimehaine, m’envoyait (par le biais de Twitter) la question suivante : « tiens, vélofun boy, vous faites comment quand on annonce de la neige comme demain ? Because demain, j’aurais vraiment besoin du vélo ! »
La question était plutôt bonne, d’autant que je n’avais pas la moindre idée de la réponse, je lui répondais que je subodorais que les principes s’appliquant à la moto devait être en vigueur avec le moteur en moins. La susnommée de répondait tout de go « alors soyez prudent. Je renonce au vélo, parce que si je sais comment maîtriser mon biclou, j’ai pas confiance dans les autos autour ! ».
Ne restait plus qu’à mettre le tout en pratique, ce que j’ai fait ce matin.
Premier constat, le vélo sur la neige ce n’est pas si compliqué (et au vu des temps de trajet comparatif pour arriver au bureau, vis-à-vis de mes collègues venant du même coin, c’est plutôt plus efficace que la voiture).
Comme je l’avais imaginé, peu ou prou les mêmes principes qu’en moto s’appliquent :
- Pas d’accélération brutale (envoyer du couple sur du gras c’est jamais une bonne idée). La bonne propulsion consiste à utiliser un pédalage le plus souple possible, avec un rapport de transmission un peu long, en moulinant tranquillement sans forcer, sans transmettre d’à-coups.
- Pas de freinage brusque (parce que freiner sur du gras c’est rarement une bonne idée) d’autant que de toutes façons, une fois les patins enrobés de neige, les freins, comment dire…
Cette histoire de freinage d’ailleurs m’a fait penser que les pignon fixes très à la mode doivent être pas mal dans ces conditions puisqu’on maitrise en même temps la propulsion et le freinage. - Pas d’angle (pencher sur du gras c’est pas du tout une bonne idée). Ça implique parfois de prendre certains virages au ralenti.
Les pneus constituaient un vrai point d’interrogation. J’utilise des Continental Sport Contact, qui sont des slicks (les slicks sont des pneus lisses) avec juste une rainure pour éliminer l’eau. Ils sont formidables sur le sec, ultra rapides (c’est la partie Sport du nom) et ont une tenue de route un peu créative sur le mouillé (le Contact du nom, je ne l’ai pas encore vraiment trouvé).
Eh bien, contre toute attente, ils se sont plutôt bien comportés, pas vraiment de glissades, une assez bonne traction vues les circonstances. Je ne suis pas certains que des pneus à grosses sculptures auraient été mieux. Faudra que j’essaie.
Dans ce type de conditions les pédales A530 de Shimano se sont avérées parfaites grâce à leur deuxième face sans les fixations SPD (les verrous sur une surface aussi glissante ne me paraissaient pas très adaptés)…


LE FIL D'ACTU
erwanhum dans 







Ex-grand pratiquant (j’ai passé mon enfance dans un pays montagneux), je dirais surtout que pédaler sur neige, c’est le bonheur absolu.
Sur la notion de « mettre du couple, c’est jamais bon », je plussoie à mort. J’ajouterais juste qu’il faut penser à utiliser le biceps fémoral, qui ramène en douceur la jambe vers l’arrière : en fin de course, après l’appui sur la pédale (provoqué par le quadriceps et les fessiers), il permet de continuer à donner du couple après la verticale, et donc jusqu’à ce que l’autre jambe prenne le relais. Avec un peu d’habitude, on peut mouliner sans aucune rupture de couple, même sans pédales automatiques (j’y reviendrai).
Côté freinage, c’est avec deux doigts, en ligne droite uniquement, et principalement sur l’arrière (rien à voir donc avec un freinage sur le sec). Si la roue arrière bloque, on peut s’en sortir assez facilement si on relâche la poignée assez vite, mais mon genou et ma main ont encore des traces de blocages de l’avant sur le glissant.
L’autre truc, c’est de bien échauffer les adducteurs avant de partir. En effet, en cas de départ en glisse, le pied intérieur va naturellement quitter sa pédale (j’ai jamais essayé avec des cale-pieds, mais j’ai pas envie) pour prendre appui et tenter de redresser la situation, et on peut très rapidement se retrouver en grand écart sans avoir le temps de comprendre.
Après, en ville, faut redoubler d’attention parce que nombre de caisseux (surtout à Paris où ils ont tous des pneus de m…) sous-estiment leurs distances de freinage et s’arrêtent sur les pistes cyclables au lieu du feu/panneau. Les mauvaises langues diraient «comme d’habitude, quoi», mais il faut vraiment s’en méfier, d’autant que quand on a l’habitude du bitume on risque soi-même de surestimer sa capacité à s’arrêter.
Pour le reste, en faisant attention et en évitant toute situation où l’on pourrait avoir besoin d’une réaction brutale (i.e. pas attendre de voir un obstacle pour freiner), normalement, ça se passe bien.
J’adore le « tenue de route créative ». Bon j’aime moins les pneus Conti, mais pour des raisons qui n’ont rien à voir avec leur qualité (Clairoix c’est pas trop loin de chez moi).
Toujours un plaisir de vous lire.
Bonjour Philippe,
En fait sur le mouillé il y a une légère dérive de l’arrière lorsque ça va vite et l’avant n’est pas d’une rectitude absolue. Aucun souci sur le sec en revanche. Les Conti Sport Contact sont très sympas, très « joueurs » et surtout ils sont ultra rapides. C’est très sensible comparativement aux Maxxis Columbieres qui équipaient d’origine mon vélo.
Il n’y a qu’un problème c’est que s’ils sont un poil meilleurs que les Maxxis côté crevaison (les Maxxis crèvent préventivement rien qu’en voyant un débris) c’est encore pas ça.
Je vais finir par rejoindre la secte des Marathon Plus, il parait qu’ils ne crèvent pas.. je vais sans doute y perdre beaucoup en rendement et agrément, mais l’idée de ne pas sortir les démonte pneu a tout bout de champ…