Enfin : une grande campagne gouvernementale pour enrayer les suicides collectifs de cyclistes

Rédigé par Luc

Rubrique : Commuters, Conseil

On l’attendait depuis longtemps déjà, on y croyait plus, enfin ça est Michèle Merli Déléguée Interministérielle à la Sécurité et à la Circulation Routières a eu le courage de s’attaquer à un fléau que personne n’avait encore osé dénoncer : les suicides collectifs de cyclistes.

Et il était temps, il y en avait marre de voir ces gugusses en vélo se jeter tête la première sur des voitures, se vautrer avec une vulgarité crasse sous des camions, refuser de s’arrêter au feu vert, emprunter délibérément et avec une allure fanfaronne les voies dévolues aux vraies voitures (le tout sous des prétextes fallacieux du style « y a un camion sur la piste cyclable ») etc..

Il était temps, décidément, fort heureusement, Madame Merli va éradiquer le cycliste, le problème.
Histoire de rendre à César ce qui lui appartient, notons que Madame Merli n’est pas seule puis que la Sécurité Routière (dont on célébrera jamais assez le travail pour que s’estompe enfin, l’indigne distinction entre sécurité et fiscalité), est venu lui prêter main forte.

Vous trouverez tous les détails de ce coup d’éclat sur les sites sous-cités :

Il faut cependant noter cher lecteur, que certains des sites suscités semblent ne soutenir qu’imparfaitement la démarche de Madame Merli. Il s’agit d’une attitude irresponsable (voire crypto-maoïste).

Pour faire avancer la cause, VELOFUN propose de lancer un Merlithon pour soutenir l’action valeureuse de la Déléguée interministérielle à la Sécurité et à la Circulation Routières.
Dans le cadre de ce Merlithon, tous ensemble, trouvons des idées pour créer une vraie dynamique de vainqueurs autour de l’initiative de la Déléguée interministérielle.
Quelques idées pour amorcer la pompe :

  • Les accidents domestiques sont nombreux, trop nombreux, rendons obligatoire le port de combinaisons ignifugées chez les enfants en bas âge !!
  • Les handicapés ont du mal à accéder à certains bâtiments démunis de rampes, c’en est trop, rendons obligatoire la pose de ressorts sous les roues des fauteuils roulants
  • Il y aurait du délit de sale gueule à l’entrée des boites de nuit : c’est une honte, rendons obligatoire le port de perruques blondes à partir de 23h

A vous !!

Il y a 4 commentaires pour cet article J'aimerais avoir le votre !

  1. Franck Mée dit :

    J’avoue être partagé sur la question.
    Personnellement, j’ai porté le casque à la fac, pour les sorties du club VTT, dont le règlement intérieur y obligeait. Le reste du temps, j’ai jamais pu m’y faire : dans la vraie vie, un casque, c’est trois litres de perdus dans mon sac, ou un gros truc encombrant qui pendouille dessus. C’est bien beau quand on va de chez soi au bureau et retour, mais si on traîne à droite à gauche, qu’on prend un vélo pour aller à un endroit A, d’où on repart en groupe (donc en métro, le premier qui convainc dix parigots d’un coup de prendre un Vélib’, je lui paie un pot) vers un endroit B, d’où on file ailleurs… Je compte pas la possibilité de voir passer un apéro non prévu et de rentrer en transports en commun parce que pas raisonnable de pédaler bourré !

    Du coup, j’avoue, si le casque devenait obligatoire, ma consommation de vélo baisserait drastiquement.

    Dans le même temps, en mettant pas de casque, je sais que je prends un risque. Pas d’accident (personne n’a jamais eu un accident parce qu’il n’avait pas de casque), mais de voir un accident prendre des conséquences qu’il n’aurait pas eues avec. Et je suis d’avis qu’en choisissant ainsi de me laisser en danger, je ne dois pas en imposer les conséquences à d’autres — autrement dit, en cas d’accident, je serais pas contre l’idée que le non-port du casque vaille perte de priorité de soins : «t’as choisi de risquer d’y rester, c’est ton choix, assume».

    Accessoirement, le casque ne va pas forcément tout régler. J’ai pris pas mal de gadins à vélo dans ma jeunesse (ces temps-ci, j’essaie d’arrêter ^_^ ), la tête n’a jamais subi de choc direct. Par contre, je me suis une fois ruiné le cou, justement parce que les muscles se sont tendus à mort pour éviter que la tête porte. Si on veut protéger les cyclistes, qui sont tout de même plus ou moins régulièrement fauchés pour avoir eu la mauvaise idée de passer alors que Dupont sortait de son parking, il faut au moins autant une minerve qu’un casque, et une protection dorsale d’ailleurs. Là, ça pourra être efficace — et accessoirement, n’arrivant plus à pédaler avec leur attirail, ces dingues ne pourront pas profiter qu’ils n’ont pas d’immatriculation pour dépasser impunément le 50.

    Reste que la première sécurité pour les cyclistes, c’est de pas avoir d’accident, et que j’ai toujours pas vu de mesures aussi drastiques pour soigner le mal à la racine : s’assurer que les pistes cyclables soient dégagées de voitures, de motos et de camions de livraisons, qu’elles soient suffisamment larges pour qu’on puisse dépasser un vélo plus lent sans passer sur les zones non protégées, que les voitures à un feu ou sortant d’un stationnement n’aient pas la possibilité d’empiéter sur la piste en s’arrêtant, que les stationnements soient suffisamment éloignés de la piste pour qu’une portière ouverte ne puisse pas bloquer un vélo (ma petite hantise du moment)…

    • Luc dit :

      Je n’ai pas d’avis sur le casque. Je n’en porte pas en ville, lorsque je faisais de longues sorties dominicales sur route j’en portais un et si je faisais du VTT il est probable que j’en porterai un.
      Ce qui me choque c’est moins le casque en lui même que la méthode. Si au milieu d’une foule de proposition pour rendre la ville vivable pour les non motorisés, il y avait aussi le casque, pourquoi pas, faut voir, mais l’équation « les voitures tuent des cyclistes donc on surcharge les cyclistes » me paraît assez ridicule.
      Par ailleurs, ironie du sort, selon les stats de l’Observatoire national interministériel sur la sécurité routière les traumatismes crâniens touchent d’abord les automobilistes, puis les piétons et enfin seulement les cycliste, donc la logique serait d’obliger les automobilistes et les piétons à porter un casque.
      Le fond du problème est que le ministère semble considérer le vélo comme le problème alors qu’il n’est pas interdit de penser que c’est (au moins pour partie) la solution.
      Si on considère que le vélo est une partie de la solution pour la circulation en ville, alors l’obligation du casque est la dernière mesure à considérer car elle revient de fait à proposer a une partie des utilisateurs d’abandonner le vélo.

      Il y a une différence entre recommander, promouvoir l’usage du casque (si tant est qu’il ait une quelconque efficacité, ce dont en tant que motard, je doute un brin lorsqu’on voit la différence entre un casque de vélo et un casque de moto), en accompagnant cette promotion d’une vraie politique de circulation vis à vis du vélo (piste cyclables libres et propres, interdiction de les utiliser comme parking ou quai de déchargement par exemple) et se contenter d’imposer son usage ce qui revient à décourager les cyclistes velléitaires.

  2. Luc dit :

    Pour ceux/celles qui y ont un compte, discussion sur ce thème poursuivie aussi chez FesseBouc :
    http://www.facebook.com/#/luc.saintelie?v=feed&story_fbid=245297306437

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