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Les designers n’aiment pas les voleurs

Le problème du vol des vélos titille manifestement beaucoup les designers qui ces temps-ci semblent très attirés par ce phénomène. J’ai relevé deux propositions qui vont dans ce sens.

La première est un concept, donc pas un produit fini, commercialisable. Elle est née de la cervelle d’un jeune anglais, Kevin Scott, étudiant en design industriel à l’université anglaise  De Montfort University sise à Leicester, ville universitaire s’il en est, 50% de la population est composée d’étudiants, et surtout, ville natale de Jon Lord, un des héros de ma jeunesse (jeune padawan, si avant 50 ans tu n’as pas écouté un orgue Hammond tu auras raté ta vie, que tu ai ou non une Rolex).
Je n’en avais pas parlé parce que tout le monde l’a fait et que j’essaie de faire dans l’original, mais la délicieuse Amandine me le rappelle (et me direz-vous, que refuser à Amandine ? .. ben rien, je sais, justement, dont acte).
Le principe développé par Scott est simple, le cadre est souple et peut s’entortiller autour d’un poteau transformant le vélo lui-même en gigantesque antivol. Ensuite on déplie le tout, les bouts viennent s’imbriquer les uns dans les autres, le cadre retrouve sa rigidité et hop comme on dit au pays de Kevin Scott « Rowl ma powl ».
Voilà pour la belle histoire. A titre personnel, je n’y crois pas une seconde.
Ce qui fait la caractéristique principale d’un vélo c’est sa rigidité, or je ne vois pas comment un cadre pourrait être à la fois totalement flexible et totalement rigide.
Cette question de rigidité est ce qui fait la différence entre un vélo cher et un vélo très cher. C’est (outre la recherche de gain de poids) ce pourquoi le vélo est assez en pointe pour ce qui est des matériaux utilisés dans les cadres. Les vélos très chers, utilisent des cadres en carbone capable d’être flexibles lorsqu’il le faut (sur une irrégularité par exemple pour ne pas matraquer le dos du cycliste) et ultra rigides lorsqu’il le faut (en danseuse debout sur les pédales lorsque la majorité de l’effort doit pouvoir être transmis aux roues).
Les cyclotouristes au long cours utilisent plutôt des cadres en acier plus lourds mais plus souples que les cadres en alu, plus légers que l’acier mais parfois plus durs que les cadres en carbone etc etc etc..

Donc l’idée de Kevin Scott est séduisante sur le papier, mais dans la vraie vie, je demande vraiment à voir.
En outre, ce système me semble assez peu commode, puisqu’il ne fonctionne que lorsque l’on a à disposition un poteau dégagé entièrement libre (vous avez déjà rencontré ça vous ?).
C’est un super projet côté design, Kevin Scott c’est sans doute fait vraiment plaisir à le gamberger, mais côté pratique, je ne vois pas trop à vrai dire.

L’autre designer attiré par la problématique du vol, est batave, (pour être exact disons chinois, très chinois, et hollandais) c’est Vanmoof, qui propose depuis déjà pas mal de temps des vélos au design vraiment étonnant. Il ne s’agit pas d’un simple projet mais d’un produit commercialisable très bientôt, au tarif fort raisonnable de 550 euros. Contrairement au vélo articulé, je trouve (sur le papier, lire plus bas) l’idée de Vanmoof vraiment épatante.


Le Vanmoof N°5 à ne pas confondre avec l’autre N°5, (si vous vous aspergez la tête de Vanmoof vous allez avoir mal), est doté d’une chaine qui se glisse dans un des tubes du cadre (le gros tube carré qui relie les deux tubes traditionnels du cadre sur la photo ci-dessus).

La chaîne est solidaire du vélo, donc on s’arrête, on sort la chaine on l’attache, puis lors de la reprise du vélo on re-glisse la chaine dans le tube et le tour est joué. Ce Vanmoof N°5 propose d’autres astuces comme un éclairage rechargeable soit de façon solaire, soit plus réalistement, par l’entremise d’une prise USB.
Ce système est pas idiot du tout.. mais suscite quelques interrogations quant à l’inviolabilité du dispositif. En effet, Vanmoof a beau annoncer que son truc (développé en partenariat avec Abus) est à l’épreuve de tout , si je m’en réfère aux tests d’antivols réalisés par la FUBICY (Fédération des Usagers de la Bicyclette) , téléchargeable ici au format PDF,  l’antivol rigide en U est à peu près le seul qui offre une protection intéressante.

Par ailleurs, l’ajout de la chaîne n’est pas sans incidence sur le poids, le Vanmoof N°5 pèse 15 kgs (outch..) en version une seule vitesse (il est aussi disponible avec des moyeux-boite de vitesses Shimano).

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Publié dans Info Constructeur, Parano.

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5 Responses

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  1. Philippe Renard dit

    Le vélo antivol existe depuis longtemps, c’est le Brompton. J’en suis très content.

  2. Pierre Miné dit

    ou le stida :)

  3. Philippe Renard dit

    @Pierre : mouais : le strida existe depuis beaucoup moins longtemps, et puis c’est pas un “vrai” vélo. Tu fais 70 bornes dans la cambrousse en strida ?

  4. Pierre Miné dit

    Effectivement c’est pas un “vrai” vélo, quoi que c’est quoi qui définit un vélo ?
    Mais en Ville c’est une petite bombe ! et évidement en inter modal c’est le meilleur (le fait de le plier comme une poussette canne)
    je fait régulièrement 20 à 30km avec sans souci :)
    c’est pas le même prix, pas la même utilisation mais il on le même intérêt comme on la toujours avec soit on peut pas le voler :)

En poursuivant la discussion

  1. Van Moof en ballade | VELOFUN a publié un lien vers ce billet on 13 novembre 2010

    [...] qui cachent une foule de solutions qui le sont plutôt, innovantes. Par exemple, le modèle N°5 a une grosse chaîne antivol Abus planquée dans le tube supérieur ou encore un système d’éclairage à recharge solaire (d’origine [...]

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